Quid des IA qui permettent à Trump de fanfaronner sur un avion qui balance de la merde sur les manifestants, lorsqu’il suffit de revenir à la folie des années 60 et d’un réalisateur un peu fantasque qui imagine façon dessin animé « Live Action » le personnage de Mister Freedom qui, comme son nom l’indique est un vecteur de… liberté.
Notre chevalier est un étrange bonhomme au look clownesque qui mêle style de joueur de foot américain à celui de Captain America. Un peu niais quoique dédié jusqu’à l’os à la cause américaine, il débarque chez de pauvres bougres (+1 si la famille est afro américaine) en train de diner en famille pour les agresser violemment en leur hurlant le slogan de la nation à base de FREEDOM. On comprend très vite qu’il est là pour remettre dans le droit chemin ceux qui n’adhèrent pas parfaitement à la moralité souveraine du grand patron.
Mais sa mission ne risque pas de s’arrêter pas aux frontières américaines car malheureusement, les idiots de français dirigés par Super French Man, montrent des signes de coercition plutôt dérangeante avec Red China Man et Moujik Man.
Missionné par le grand patron, Mister Freedom débarque donc à Paris afin de ramener les français faibles et pleurnichards (je n’invente rien, c’est dit dans le film) à la soumission américaine.
Outre la présence d'un Serge Gainsbourg grimé en pianiste rallié à la cause, toute une troupe de jeunes gens très libres dans leurs moeurs, l’accueillent à grand renfort de banderoles et de cris d’amour. On trouvera aussi Marie Madeleine, jouée par Delphine Seyrig aussi pimbêche que vamp qui le guidera tout le long du film pour le garder dans la ligne mère de son patriotisme.
De là, le film suit la folie meurtrière de Mister Freedom qui, tout en usant de psaumes chrétiens et de citations venues directement des présidents états-uniens, détruit les monuments français, tue des foules d’innocents et menace le monde, tout simplement.
Servit par des décors bon marché qui fonctionnent parfaitement dans leur jus, le film a pourtant quelque chose d’affreusement glaçant. Pourquoi ? Parce que… Mister Freedom c’est un mini Trump. Il est exubérant, il traite les femmes de manière ignoble, se débarrasse des gens comme s’ils n’étaient rien et détruit les 3/4 de la France par simple orgueil.


Bien sûr William Klein critique ouvertement l’Amérique et ne s’en cache pas. Il avoue même s’être servit de réels discours de Bush père pour certaines répliques de son Mister Freedom. Les U.S.A. ne sont pas les seuls critiqués néanmoins. Les russes représentés pas un Moujik Man en mousse en prennent aussi un coup ainsi que le régime maoïste de Red China Man et son dragon gonflable qui fume de partout.
Quant à Notre Super French Man qui est littéralement un ballon de baudruche… on a pas besoin de commenter davantage.
Si le film est sorti dans une ère de contestation (les manifestations de mai 68) il est encore plus fort aujourd’hui je crois. Une sorte de prédiction de ce que cause déjà la folie d’un homme comme Trump.
Mais bon, s’il est un message à garder à la fin de ce film, c’est bien celui que la pugnacité et la résistance des peuples, finit par faire tomber les monstres.
Ps : William Klein a dit que les trotskistes avaient beaucoup aimé le film à sa sortie, j’dis ça, j’dis rien...
[Mister Freedom de William Klein, sorti en 1969]
Tck.


